Metz a été le théâtre d'un lynchage tragique samedi dernier. Un jeune de 19 ans, Noahm, a été agressé par deux hommes, un de 27 ans et son neveu de 20 ans. La victime a été maintenue en vie grâce aux machines, mais a finalement décédé quatre jours plus tard. Les deux agresseurs ont été mis en examen et écroués pour tentative de meurtre et violences volontaires. La qualification pénale va forcément changer avec le décès de la principale victime. Selon les proches de Noahm, le jeune majeur a été passé à tabac en raison de son homosexualité. Cependant, à ce stade des investigations, le caractère homophobe du crime n'a pas été retenu. Ce déchaînement de violences serait survenu « pour un motif futile sur fond d'alcoolisation massive », a indiqué David Touvet, le procureur de la République. Mais pour l'association parisienne STOP homophobie et l'association messine Couleurs gaies, le décès du Talangeois en raison de son orientation sexuelle est établi. Couleurs gaies a d'ailleurs organisé un rassemblement ce mardi soir au pied de la colonne de Merten, non loin des lieux du drame. Un rassemblement de soutien à Noahm devenu un moment d'hommage (le rendez-vous avait été fixé avant l'annonce du décès), où quelques-uns se sont exprimés devant les 250 personnes présentes pour honorer la mémoire du Mosellan. À l'image de Nabil, un autre cousin de Noahm, lui aussi victime d'une agression homophobe « il y a deux semaines à Hagondange ». L'homme de 31 ans déclare devant la foule : « Avant d'être un dossier ou un fait divers, Noahm était un jeune de 19 ans. Il avait des rêves, des projets, une famille qui l'aimait et toute une vie devant lui. » Dans les rangs des anonymes, la seconde victime des violences de samedi matin, qui s'est fait molester, présente encore les stigmates de son agression. Le bracelet bleu de l'hôpital au poignet, Idriss (prénom modifié) confie : « Noahm avait le cœur sur la main. Je vivais avec lui à Talange et il s'occupait de nos grands-parents, de notre grand-mère. C'était un soleil. C'était mon cousin mais je le considérais comme mon petit frère. » Forcément traumatisé, le jeune homme de 21 ans ne veut pas s'exprimer sur cette nuit où tout a basculé. « Je peux juste vous dire que les choses relatées dans la presse, ça ne s'est pas passé comme ça. Il n'y a pas eu de rixe, il n'y a pas eu de coups échangés. Ce sont eux (les mis en cause) qui se sont jetés sur nous, c'est nous qui avons été frappés. »